Low food vs Fast food
Cet article est écrit par Caroline Dery
Le Salon International du Goût s’est déroulé cette année du 23 au 27 octobre 2008 à Turin, en Italie. Parmi ces farouches défenseurs du goût, l’association Slow Food s’érige en militante de la nourriture saine. Ici, point de salut hormis les aliments de saisons qui transitent directement du jardin du cultivateur vers l’assiette du consommateur.
Ses partisans s’opposent aux effets dégradants de la culture du Fast Food qui standardise les goûts en promouvant les effets bénéfiques de la consommation d’une alimentation locale et en proposant des programmes d’éducation du goût pour les adultes et les enfants. Ils se battent ainsi pour la sauvegarde et la promotion d’une conscience publique des traditions culinaires.
Le Mouvement International Slow Food a été fondé à Paris en 1989 mais son siège est à Bra, en Italie et compte 82 000 adhérents dans 50 pays.
Véritable Greenpeace de la nourriture, ses adhérents vilipendent le consommateur en déclarant : « Le frigo est notre tombe ». Le patrimoine culturel gatsronomique est en danger, au même titre que la santé publique et le manger local est devenu leur fer de lance. Leur logo représente l’escargot, symbole cette volonté de prendre son temps en sélectionnant les meilleurs ingrédients de saison et en suivant un petit rythme de récolte.

Egalement nouvelle graine de consommateurs, les « locavores » sont apparus à San Francisco il y a deux ans et se sont constitué en un véritable mouvement basé sur une idée simple : consommer et manger local. Ils ne consomment donc que des aliments produits dans un rayon de 200 kilomètres.
L’exigence du manger mieux est actuellement en plein développement ; la chaîne de distribution Monoprix ne s’est pas trompée en rachetant la chaîne de produits biologiques Naturalia, qui a enregistré un chiffre d’affaires qui a quasiment doublé en trois ans à 49 millions d’euros en 2007, le marché du bio enregistrant chaque année une augmentation moyenne de 10 %. La tendance bio dessine le profil d’un nouveau consommateur, plus soucieux de son bien-être et de la provenance de son alimentation, et tend à montrer qu’il n’est plus passif mais s’informe désormais sur les conditions de production des enseignes de grande consommation.
Claude Levi-Strauss ne croyait pas si bien dire lorsqu’il déclarait en 1980 : « L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la cvilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat ». On peut espérer que « La Macdonaldisation du monde » telle que décrite dans l’ouvrage de Georges Ritzer n’aura pas lieu, grâce à ce front de résistance s’organisant face à la malbouffe. La résistance du public remet donc en cause par le biais de ces initiatives tout un mode d’achat et de consommation et démontre que le consommateur a plus d’un tour dans son sac de courses.

Sources :
www.tronchedecake.blogspot.com
Posted: novembre 23rd, 2008 under culture, livre.
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