Cette article est proposé par Ambre Abid
Le planning stratégique selon Rapp (DDB Groupe France).
DDB Groupe France, entité française de DDB Worldwide et troisième groupe de communication en France, se compose de 20 agences aux expertises diverses et complémentaires. Parmi elles, l’agence spécialisée en communication interactive et relationnelle Rapp, dont le rôle est de « développer le capital client des marques en volume, valeur et loyauté ». Leur credo ? « Customer obsession is our obsession ». Face à une telle conviction, l’étudiant ne peut que s’interroger sur la définition du planning stratégique au sein de l’agence : quelles fonctions ? Avec quelles méthodes ? Quelle organisation ? La philosophie générale du groupe DDB, fidèle à l’esprit de son fondateur, à savoir « la créativité au service de l’efficacité » influence-t-elle la pensée stratégique de ces professionnels ?
Le planning stratégique de l’agence Rapp se définit comme un « universal planning », divisé en trois pôles : « data, media and brand planning ». Les professionnels qui seront cités dans cet article appartiennent à ce dernier pôle.
▪ Le Marketing Relationnel et Rapp :
La question fondamentale du Marketing Relationnel est la suivante : « qu’est-ce que la marque met en place pour nous toucher nous, consommateurs ? ». En ce sens, comme le souligne le planneur stratégique junior Benjamin Le Clercq, le Marketing Relationnel « existe dans le message de relation, dans l’intention ». Pour travailler ce message, le département du planning stratégique de l’agence se compose de cinq planneurs (deux seniors, deux juniors ainsi qu’un directeur des stratégies, sans oublier un ou deux stagiaires). Leurs fonctions : analyse des comportements consommateurs, benchmark, recommandations stratégiques et accompagnement du travail créatif, et pour finir veille et mise à jour de données qui pourraient être utiles aux commerciaux.
▪ Rapp : le planning au pays du Marketing services :
Selon Benjamin Le Clercq, les planneurs de chez Rapp - lorsqu’ils ne sont pas impliqués directement dans un projet dès le brief client - sont des« prestataires de services pour les commerciaux ». En effet, il s’agit bien souvent pour les planneurs de répondre à des besoins d’étude, selon la problématique client en présence. « Chez Rapp, on croit en la force du planning parce que nous sommes reconnus par les commerciaux… parce que sans les commerciaux, on n’existe pas ! ». (B. Le Clercq)
Cédric Ledoux, deuxième planneur junior de l’agence, pense même que le planning de chez Rapp présente une dimension « plus commerciale » que celui de certaines agences de publicité. Cette caractéristique découlerait directement selon lui de l’historique des agences spécialisées en Marketing Services : le planning de ces agences - plus « jeune » que celui des agences de publicité - aurait eu dès le départ une dimension fortement stratégique. Ainsi, le planneur doit promouvoir ici ses idées auprès des seniors et du directeur des stratégies, puisque la stratégie « pure » n’est plus laissée au seul directeur commercial. Ils se différencient donc de « certaines agences de publicité où là on sort de temps en temps le planneur dehors, comme une lumière ».
Cette opposition à d’autres plannings jugés très « intellectuels » se perçoit aussi dans le timing des opérations. « Ici, on ne travaille pas pendant trois, quatre mois sur une problématique de marque ». La moyenne est en effet de trois, quatre semaines pour un projet - il arrive cependant que certains projets demandent beaucoup plus de temps -, un rythme qui leur convient parfaitement.
Les deux planneurs affirment donc leur implication dans toutes les étapes d’un projet. Une intégration qui se fait aussi bien en amont de la stratégie avec les commerciaux qu’en aval avec les créatifs. « Du coup, nous sommes autant des hommes d’étude que des vendeurs d’idées » conclut Cédric Ledoux.
▪ Et l’inspiration dans tout ça ? :
Question peut-être naïve … mais que peut se poser malgré tout l’étudiant : si le planneur est en charge d’un budget client pendant plusieurs années, son inspiration ne risque-t-elle pas de se tarir ? La proposition de nouveaux axes stratégiques à son client n’est-elle pas plus difficile ? Tout d’abord, nous répond Benjamin Le Clercq, le planneur n’est pas en relation avec le client comme peut l’être le commercial. Sa vision du problème est donc plus globale et se nourrit en continu par des recherches de tous ordres. Deuxièmement, un réflexe que se doit d’avoir le planneur : comparer. « Tous les planneurs doivent être capables de parler de la stratégie de telle ou telle marque, d’accord. Mais pour se renouveler, il faut regarder dans tous les secteurs et être à l’affût de tous les ponts et de toutes les stratégies ».
Un conseil que nous mûrirons au fil des mois…
Posted: novembre 21st, 2008 under Non classé.
Comments: 1